Référendum du 29 mai: le bilan
NON.
Finalement, un non à quoi ?
Les français ont voulu faire payer à l’Europe et au gouvernement la situation socio-économique de la France.
Les vraies raisons du NON
10 % de chômeurs, il y a de quoi être pessimiste sur l’avenir. C’est d’ailleurs pour cette raison majeure que les français ont désapprouvé le traité ratifiant la constitution européenne : 46 % des réponses est le fait que "le traité va aggraver le chômage en France" (Sondage effectué par TNS-Sofres et Unilog).
Devant le peu d’occasions de s’exprimer (ils n’ont pas été consultés sur le théme de l’élargissement), ils ont souhaité à l’instar des dernières présidentielles pousser un cri populiste : la volonté d’"exprimer un ras- le-bol vis-à-vis de la situation actuelle" en général a également poussé à voter non : cet argument est cité dans 40 % des cas, 48 % des ouvriers.
Le fait libéral vient apparemment en 4éme position.
Ce que l’on peut donc affirmer aujourd’hui :
1) Les raisons du NON français du 29 mai ne sont pas liées avec la question posée.
2) Ce vote, est un vote contestataire Ces deux points sont d’autant plus indiscutables vu la participation des français.
Le séisme politique
Un deuxième séisme politique dans notre pays a eu lieu. Si la Présidence de François Mitterrand a laissé dans son ensemble un souvenir positif dans l’esprit des français, celle du Président actuel Jacques Chirac est jusqu’ici un échec cuisant. Celle-ci aura vu l’extrême droite passer -pour la première fois dans l’histoire du pays- à un deuxième tour de présidentielle mais aussi le refus d’une étape cruciale des français concernant le projet européen. Ce ne sera pas a priori le changement d’un 1er Ministre et de son gouvernement qui changera la donne dans ce pays. Vu ce deuxième cri poussé, ce sont des changements radicaux dans le domaine social qui sont attendus. Le chômage est maintenant le principal défi à relever pour le gouvernement De Villepin.
Les extrêmes confortés
On peut quand même émettre des craintes concernant de telles réactions contestataires. Si un mouvement populiste n’est a priori pas un mal en soi, il peut être particulièrement dangereux in fine pour nos démocraties. Les extrêmes montent dans notre pays et cela doit interroger l’opinion : la xénophobie est un fait quotidien et indéniable dorénavant en France. L’argument-peur de l’ouvrier polonais repris par les médias n’est qu’un élément xénophobe mentionné dans la campagne pour le non parmi d’autres. L’extrême gauche se glorifie de la "voix du peuple" mais elle nourrit par ses propos démagogiques les peurs et les angoisses des français. Les jeunes (18-29 ans) dont certains ont été encouragés par leurs facultés à voter non, ont bien assimilés les arguments populistes de Marie-George Buffet ou d’Olivier Besancenot pour ne citer qu’eux. Le discours simpliste plaît. Le malaise social est donc l’occasion de mettre en exergue de "séduisantes" idées populistes ; facilement intégrées par le peuple. Peuple qui souffre à juste titre d’une situation sociale vécue comme injuste.
Remise en question du référendum
Le référendum, lors d’une situation mal vécue par l’ensemble de la population peut avoir des conséquences désastreuses et doit être remis en question. Pourquoi le Front national souhaite t’il depuis toujours que la France y est plus souvent recourt ? Tout simplement parce qu’un peuple mécontent, empreint de passions haineuses votera dans son sens, le sens des extrêmes, le sens de la non-sagesse. Hitler, Mao, Lénine sont issus de mouvements populistes et par des discours démagogiques ont pu prendre le pouvoir dans leur pays. Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser aux élites les pleins pouvoirs : c’est plutôt sur l’usage que l’on fait de la "voix du peuple" que se joue l’avenir de la France. Or, dans ce cas précis, le président français aurait semble-t’il mieux fait de consulter les français sur la question de l’élargissement. On peut ajouter aussi que l’ignorance peut pousser dans un sens à la déraison : des français mieux informés sur les actions de l’U.E aurait peut être permis de limiter l’écart entre le oui et le non.
L’Espoir
Espérons que les négociations post-non amènent du positif à la politique française, mais aussi relève le débat sur les questions européennes. Car nos élites s’accordent quand même toutes pour dire que sans l’Europe, la France ne pourra pas seule faire face aux effets néfastes de la mondialisation. Un deuxième vote pour un nouveau traité constitutionnel peut être envisagé sérieusement : souhaitons que cette fois-ci les français répondent à la question...avec sagesse.





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