25 mars 2005

La constitution Oui? Non?

Je suis surpris par la tournure que prend un vote qui, à mon sens, n’aurait pas lieu d’être.

Le vote pour une constitution européenne n’a pas de raison d’être. Nos chers représentants politiques s’exaltent en donnant comme exergue la constitution dans l’acte citoyen.
Après le quinquennat, voici...la constitution ! Quelle belle initiative !
Nous pouvons observer des débats vraiment passionnants, une belle implication de nos chers médias, les statiques s’envolent, c’est le non qui l’emporte !
Les gens se positionnent, on en parle au bar, dans les milieux intellectuels, chez les bobos, au travail : c’est mieux que la Star’ac !
Mais QUI l’a lue ?
Mon article pourrait s’arrêter là mais je compte aller plus loin.

Une question, une seule m’habite : est-il raisonnable de demander un avis sur le fondement même de l’Europe empiriquement érigée à coup de traités successifs mais donc fragile jusqu’ici de par l’absence de cadre législatif tout en sachant qu’un infime pourcentage de la population lira la constitution dans son intégralité (plus de 500 pages en comptant les annexes).
C’est un cri que je pousse aujourd’hui et je vais être vulgaire pour une fois : on se fout de nous.
Je pensais que nos politiques étaient décalés de la réalité mais là je pense d’un avis maintenant arrêté qu’ils sont parfaitement en dehors de toute logique et de tout bon sens.
On critique les américains parce qu’ils se font manipuler, mais ne pensez-vous pas que nous le sommes d’une certaine façon aussi ? Le gouvernement français exerce une pression sur les médias pour que le OUI prime. Est-ce bien raisonnable ? N’aurait-il pas fallu se poser la question du vote avant ?
Les dernières statistiques montrent que le NON l’emporte : mais sur quoi les gens se sont-ils prononcés ? Sur l’Europe et son élargissement ou sur la constitution ?
Je remarque une réelle confusion des idées, et note un positionnement contestataire bien franchouillard.

Nous sommes dans l’Europe, le processus est amorcé depuis l’après-guerre et il est inéluctable, inexorable.
Il est vrai qu’aujourd’hui, Elle rencontre des problèmes d’harmonisation due à une forte hétérogénéité des cultures, et de facto de fonctionnements.
Comme je l’ai mentionné au début de cet article, Elle repose sur une succession de traités qui ne représente jusqu’à maintenant qu’un ersatz de législation.
La constitution va ni plus ni moins consolider les fondations et donner un bol d’air à mode de fonctionnement très lourd, à la limite de l’archaïque.
Il est à mon avis inconcevable de demander au citoyen de se mettre à la place de nos représentants : examiner un dossier impliquant des enjeux économiques aussi importants et complexes ne relève aucunement des compétences du citoyen lambda.
Voter pour un élargissement ? Pourquoi pas. Mais se prononcer sur la constitution n’est pas de notre ressort.

Je crois foncièrement en Elle et suis confiant en son avenir. Je demande seulement à l’heure où le Sri Lanka est déjà oublié que l’on nous pose les bonnes questions ; que la France et les autres pays arrêtent de dépenser de l’argent et du temps sur un sujet qui pourrait être traité par nos élus .

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